Camille Bes

De façon générale, je m’attache à relever les paradoxes que je trouve dans la production de marchandises, dans les marchandises elles-mêmes ou dans leur caractère fétiche. Ce qui m’intéresse c’est comment les «pseudos-besoin» créés par la production d’objets sont montrés et vendus et quels sont leurs usages et utilités réels. Je m’intéresse aussi aux concepts de mode, de gaspillage, d’obsolescence, de rareté et d’aliénation que ce soit dans le travail, dans la consommation ou encore dans le loisir. Tous ces intérêts m’amènent à me questionner sur la limite subjective entre utile et inutile, entre nécessaire et superflu.
Je travaille en réaction à un objet ou à une association d’objets que j’ai rencontré et qui m’évoquent une forme d’étrangeté, d’humour, d’absurde, en somme de paradoxe. Je convoque une forme plastique déceptive et joueuse, me plaisant à mimer la marchandise dans sa mise en espace par les systèmes de rayonnage, et à rejouer également les stratégies marketing comme les publicités et les slogans.
Dans cet univers oscillant entre boutique branchée minimale et grande-surface, le gadget revient comme un leitmotiv’, témoin de l’aberration de cette société du spectacle.